Du plaisir de regarder des junkfilms 0


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En caricaturant : dans les films classiques hollywoodiens, on est propulsé dans un monde trop beau pour être vrai, mais dont la beauté trop intense nous met – si le film est bon – face à toute la complexité du monde réel. Au contraire, l’économie de beaucoup de films indies récents semble être renfermée dans la formule suivante : singer la complexité – voire la laideur – du monde réel pour la rendre plus supportable, plus belle, plus présentable. La junkfood n’est pas toujours là où l’on croit.

American Honey d’Andrea Arnold, vu l’autre soir (DVD acheté pour rien à un coin de rue), en est un bel exemple : cousu de fil blanc du premier au dernier plan, un festival de misérabilisme creux, d’inserts pop sur des décos de chambre d’enfants, cigarettes abandonnées sur un coin de table, grands espaces, etc. Le film est absolument vide (on sauvera peut-être quatre ou cinq minutes, le tout début n’est pas si mal) et pourtant, malgré sa longueur, loin d’être désagréable à regarder. Tout est très beau, tout est très in, le moindre revêtement de siège de voiture choisi avec soin. En fin de compte, ce chapelet d’instants clipesques a la politesse de ne pas nous forcer à croire à la moindre de ses incartades frelatées : on se laisse porter par la musique et on oublie tout.

https://www.youtube.com/watch?v=Tzzr7RbzUTs

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