Emmanuelle Seigner sur la croisette (Cannes 2013) 0


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Cette année, Roman Polanski est de retour sur la croisette pour présenter son nouveau film « La vénus à la fourrure » (et premier tourné en français itnégralement), un huis-clos qui se déroulera dans un théâtre et dont la trame est librement inspirée du roman éponyme de Sader-Masoch (qui a donné son nom au sadomasochisme !). C’est le deuxième film en compétition pour Mathieu Amalric, déjà à l’affiche du film américain de Desplechin « Jimmy P., psychotherapy of a plains indian ». Quant à Emmanuelle Seigner, c’est sa première sélection en compétition à Cannes. L’actrice de 46 ans, par ailleurs chanteuse, et épouse du réalisateur foulera le tapis rouge samedi prochain, date de la projection du film. Comme l’équation Roman Polanski+huis-clos=film magistral, les fans du réalisateur et cinéphiles sont impatients de voir le résultat. Mais c’est surtout une chance immense pour l’aînée des sœurs Seigner, qui remportera peut être un prix. A vrai dire, Polanski est un habitué de Cannes, puisqu’il y a déjà présenté deux films en compétition: en 1976, « le Locataire », accueilli fraîchement par la critique et le public (cette année-là, Scorcese remporte la palme pour « Taxi Driver ») et en 2002, « le Pianiste », qui cette fois là décroche la palme d’or. Emmanuelle Seigner est certainement une des meilleures actrices françaises actuelles, qui a trop longtemps été délaissée par la critique, la considérant avant tout comme la très jeune femme de Polanski. Et pourtant, déjà à 23 ans, elle révèle un talent immense à camper la perversité et la douleur, la sensualité et la laideur, la victime et le bourreau dans « Lunes de Fiel »(1992, Polanski) aux côtés du non moins génial Peter Coyotte. Le film, mal compris, est foudroyé par la critique avant, près de vingt ans plus tard, d’être estampillé « classique moderne » par les Inrocks ou encore Télérama (Pierre Murat et sa critique élogieuse). Sa complexité de jeu, sa beauté, son mystère qu’elle sait si bien entretenir en font une actrice idéale pour les rôles difficiles, de personnages tourmentés ou manipulateurs. 2006 est une nouvelle date importante pour elle. Partageant l’affiche de « Backstage » (Emmanuelle Bercot) avec Isild Le Besco, présenté au festival de Venise, elle dévoile encore un peu plus l’étendue de son talent dans un rôle psychologiquement très dur à interpréter, celui d’une chanteuse à la dérive qui se voit peu à peu vampiriser par une fan inquiétante. Elle interprète également la bande son en intégralité (des chansons mystico-fantastico-gothiques d’inspiration Farmerienne). En 2011 sort son deuxième album studio, « Dingue » dont les chansons, entièrement écrites en français, sont joyeuses et inventives, rythmées par des accords pop entraînants. Cette année annonce donc le grand retour de l’actrice dans un film les plus attendus de 2013, dont aucune bande annonce n’a filtré pour l’instant. Les attentes des admirateurs de Polanski et de ceux de l’actrice seront-elles comblées ? Réponse le 25 mai prochain, après la première séance de 8 heures pour les comptes rendus critiques…

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illustrations par moi-même, tous droits réservés

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