En transit à la Berlinale 0


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Un petit article pour faire rapidement le point sur mon passage à la Berlinale 2018. Tout d’abord, je n’ai pas été très « studieux » en ce qui concerne les projections officielles et je m’en félicite : à en croire mes confrères, le cru 2018 n’était pas très bon et je me suis épargné beaucoup de films ennuyeux voire inintéressants. De fait, les plus beaux films que j’ai vus n’étaient pas dans la compétition officielle : Grass, le dernier Hong Sang-soo (Forum) et Madame Hyde, de Serge Bozon (Woche der Kritik) qui débarque d’ailleurs très bientôt dans nos salles. Ensuite, il n’y a guère que le Transit de Christian Petzold qui à mes yeux fut réellement digne d’intérêt parmi ce que j’ai vu.

Qu’ai-je donc bien pu faire à Berlin sinon voir des films ? Eh bien j’en ai tourné un petit : Lesen und rauchen (lire et fumer) avec Meinhard Neumann (l’acteur principal du Western de Valeska Grisebach). Un train. Une rue. Meinhard lit le poème « Todesfuge » de Paul Celan tout en fumant. Des rails, des lampadaires, un train, le noir. Voilà ce que j’ai essayé de filmer.

Ensuite, il y a les amis. Et donc je remercie Meinhard, Valeska, Pierre, Jérôme, Saskia, Christoph, Lisa, Laura, Sara, Lukas, Kathrin, Katrin, Aleksandra et tous les autres pour ces merveilleux moments passés dans la vie, au seuil et en dehors du cinéma.

Au-delà des quelques critiques écrites pour Critikat.com, dont la liste est disponible ci-dessous, je suis très heureux que Frédéric Jaeger de la Semaine de la Critique m’ait proposé de participer à un podcast avec Christoph Draxtra autour de Hagazussa de Lukas Feigelfeld. Il était tard, nous étions fatigués, mais la conversation a été très plaisante.

Critiques et interviews :

11 x 14, de James Benning

Grass, de Hong Sang-soo

Eva, de Benoît Jacquot

Transit, de Christian Petzold

Interview avec Christian Petzold

Season of the Devil, de Lav Diaz

Trois jours à Quiberon, d’Emily Atef

Victory Day, de Sergei Loznitsa

Madame Hyde, de Serge Bozon

Podcast :

http://wochederkritik.de/de_DE/blog-podcast-hagazussa-5437-2/

Une belle découverte (merci à Pierre Gras) : le film de fin d’études de Julian Radlmaier, Autocritique d’un chien bourgeois, dans lequel il tient également le rôle principal. Julian est un jeune réalisateur berlinois qui, en bon rohmérien, aime regarder les filles et se lancer dans des marivaudages maladroits (et rapidement avortés). Un jour, il découvre dans la rue une annonce de la plantation d’Oklahoma (clin d’œil à la fin de l’Amérique de Kafka, avec le théâtre d’Oklahoma, et par ricochets à l’adaptation cinématographique qu’en firent Straub et Huillet) et décide d’aller y proposer sa force de travail dans l’espoir de se débarrasser de ses mauvaises habitudes bourgeoises, ce qui évidemment ne se produit pas. De retour à la vie mondaine, il présente le film inspiré de son expérience. C’est un franc succès, sauf qu’entre-temps il s’est transformé en chien (on comprend alors que le récit, depuis le début, est rétrospectivement raconté depuis le point de vue de ce « chien bourgeois ») et s’échappe progressivement du régime de la fiction pendant que nous, spectateurs, y sommes encore emprisonnés.

La mise en scène fonctionne essentiellement sur une tension entre scènes en solitaire et scènes de groupe ; entre atermoiements romantiques et tablées bourgeoises où l’on parle de tout et n’importe quoi mais avant tout de soi-même. Les dialogues sont très réussis et l’autodérision jamais affectée de Julian Radlmaier, irrésistible.

Le film a remporté en Allemagne le Prix de la Critique du meilleur premier film sorti en 2017. On espère qu’il arrive très vite en France.

Illustration par moi-même d’après un plan de Transit.

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